Remise du Certificat « Connaissance de la laïcité » 2025

Rédigé par CMR
10/12/2025

Le 09 décembre 2025
Kamel KABTANE
Recteur de la Grande Mosquée de Lyon
President Fondateur de l’IFCM
Madame la Préfète,
Monsieur le Directeur de Cabinet,
Mesdames et Messieurs les représentants de l’État,

Mesdames et Messieurs les représentants des institutions universitaires,
Chers partenaires,
Chers lauréats,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Depuis 2012, j’ai souvent eu l’occasion de m’exprimer dans ces Salons d’Honneur de la Préfecture du Rhône, et je suis heureux d’y revenir aujourd’hui pour accompagner cette nouvelle promotion du Certificat « Connaissance de la laïcité ».

Cette année, le 120ᵉ anniversaire de la loi de 1905 donne à notre rencontre une résonance particulière.

Depuis 2012, avec l’appui constant de la Préfecture du Rhône et du Bureau des Cultes du ministère de l’Intérieur, notre formation a permis de former 215 cadres religieux.

C’est ce résultat concret qui compte : 215 femmes et hommes désormais mieux armés pour expliquer, apaiser et renforcer la cohésion sociale dans leurs lieux d’engagement.

Cette cérémonie prend un relief particulier cette année, car nous célébrons les 120 ans de la loi du 9 décembre 1905, l’un des piliers les plus solides de notre pacte républicain.

Il ne s’agit pas seulement d’un anniversaire : c’est un rappel de ce que la République a voulu être, et doit continuer d’être.

La loi de 1905 porte une vision ambitieuse :

  • celle d’une société où chacun est libre d’avoir une religion ou de n’en avoir aucune,
  • où chacun est libre de pratiquer, de croire, de douter ou de changer de conviction,
  • et où l’État, neutre, ne favorise aucune religion mais en protège toutes

Aristide Briand, principal artisan de cette loi, résumait son esprit par ces mots :
« La loi de séparation n’est pas une loi de combat, c’est une loi de liberté. »

Mais il faut le dire avec clarté et fermeté : la laïcité est parfois détournée de son sens.

Elle est utilisée comme un outil de mise à distance ou de stigmatisation, en particulier lorsqu’il s’agit des musulmans.

Ce n’est pas acceptable.
Ce n’est pas conforme à la loi.
Ce n’est pas fidèle à l’esprit républicain.

Aristide Briand le rappelait également :
« Nous avons voulu assurer la liberté de conscience en garantissant l’indépendance réciproque de l’État et des cultes. »

La vérité est simple : les musulmans de France souhaitent vivre leur foi dans le respect des lois de la République, dans la dignité et dans la paix.

Ils ne demandent rien d’autre que l’application équitable de ce principe fondamental qu’est la laïcité.

Chers lauréats, en cette année du 120ᵉ anniversaire, vous devenez les passeurs de cette compréhension juste.

Votre rôle sera d’expliquer, de corriger, d’apaiser, lorsque la laïcité sera déformée ou instrumentalisée.

Lyon peut être fière d’avoir su construire, depuis 2012, un modèle unique de coopération entre l’IFCM, l’Université Jean Moulin Lyon 3 et l’Université catholique de Lyon.

Cette coopération a inspiré près de trente universités françaises qui proposent désormais un Diplôme Universitaire consacré à la laïcité et aux faits religieux.

Notre ville a ouvert une voie ; elle continue de la tracer.

Et cette dynamique trouve aujourd’hui l’une de ses expressions les plus abouties dans un partenariat dont nous pouvons être fiers.

Je souhaite m’arrêter sur le Parcours Mohammed Arkoun, porté conjointement par l’Université Lyon 3 et l’IFCM.

En donnant son nom à ce parcours, nous honorons une conscience éclairée, un chercheur d’une exigence rare, un homme qui croyait en la puissance de la connaissance pour libérer la pensée et rapprocher les êtres humains.

Son héritage inspire notre mission et éclaire nos choix.

Et c’est précisément dans cet esprit d’ouverture, de rigueur et de responsabilité que s’inscrit votre réussite aujourd’hui.

Cette année, vous êtes quatorze lauréats à recevoir votre certificat.

Votre engagement, votre sérieux et votre assiduité font honneur à cette formation et à l’IFCM.

Vous pouvez être fiers du chemin parcouru.

Depuis plus de quinze ans, j’ai l’honneur de porter, avec l’IFCM, une vision : celle d’un islam éclairé, formé et pleinement inscrit dans la République.

Aujourd’hui, dans ces Salons d’Honneur de la Préfecture, je mesure le sens profond de cette œuvre collective.
À vous, imams, formatrices, responsables et cadres engagés, je veux dire ceci :
vous êtes désormais des passeurs de savoir, d’équilibre et de fraternité.
Votre certificat n’est pas un aboutissement, mais une responsabilité.
Faites-en une force.
Faites-en une lumière.
Faites-en un service à la communauté musulman
Faites-en un service à la République

Je vous remercie